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devient de la terre végétale. Mais qu’est-ce qu’un organisme vivant ? J’ai déjà essayé ailleurs de définir la vie et je ne veux pas m’étendre de nouveau sur ce sujet ; qu’il suffise de savoir qu’à un moment quelconque de son existence, l’organisme vivant est une agglomération de plastides, coordonnés de telle manière que leur coordination rend possible le renouvellement du milieu intérieur de l’individu, c’est-à-dire l’introduction d’aliments et l’expulsion de matières excrémentitielles. Ce renouvellement du milieu intérieur est un phénomène si essentiel que l’on peut dire qu’il constitue la vie elle-même ; s’il est supprimé ou suspendu assez longtemps, tous les éléments anatomiques se détruisent et la mort générale de l’être résulte des morts élémentaires des parties. Nous ne pouvons comparer entre eux que deux êtres vivants, en train de vivre, et non un être vivant et un être mort. Si donc, nous avons constaté à un moment donné certaines ressemblances entre deux individus vivants, nous ne pourrons continuer notre comparaison que si ces deux individus continuent de vivre. Or, pour continuer de vivre, ces deux individus analogues sont obligés de renouveler leur milieu intérieur, ce qui, au milieu de plusieurs actes personnels différents, les force à exécuter au moins certains actes analogues, savoir, précisément, ceux qui déterminent le renouvellement du milieu.

De deux enfants qui se ressemblent, l’un pourra apprendre le français et l’autre l’anglais, mais s’ils restent vivants il faudra que tous deux respirent, mangent, boivent, urinent, suent, etc.

Il est bien évident que cette nécessité commune du renouvellement du milieu intérieur limite les diver-