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renté au premier. Autrement dit, l’hérédité exprime la ressemblance, non seulement des caractères morphologiques du père et du fils, mais encore des propriétés individuelles qui ont donné naissance à ces caractères communs dans des conditions communes, et qui auraient pu donner des caractères différents dans des conditions différentes. Si le fils se démet l’humérus, il pourra se former chez lui une pseudarthrose qui n’existait pas chez le père, mais cette pseudarthrose se serait formée chez le père dans les mêmes conditions ; elle se serait formée d’une manière différente chez un animal différent. Rien ne se fait dans un organisme sans le secours de l’hérédité ; l’hérédité est la transmission des propriétés et non des réactions morphogéniques ou autres qui manifestent ces propriétés dans telle ou telle condition.

Il me semble que la meilleure définition de l’hérédité est la suivante : l’hérédité est l’ensemble des propriétés de l’œuf. Ces propriétés se manifestent par des réactions qui dépendent des conditions de milieu et se transmettent aux diverses cellules de l’organisme avec des modifications qui dépendent aussi des conditions de milieu, mais qui, dans tous les cas, ne sont que quantitatives. Au point de vue spécifique au moins, la même hérédité se retrouve dans toutes les cellules de l’organisme, et il est invraisemblable de dire, qu’en un point quelconque du corps, un phénomène quelconque se passe sans le secours de l’hérédité, c’est-à-dire qu’une réaction se produit, indépendamment des propriétés des éléments dans lesquels elle se produit.

Considéré à un moment quelconque de son existence, l’individu est le produit de l’hérédité et de