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CHAPITRE XVI

la définition chimique de l’hérédité


Un observateur, imbu des principes de la méthode chimique est donc amené, chaque fois qu’il constate qu’un corps peut être défini par des propriétés, des réactions, au point d’être reconnu partout et toujours, à penser que ce corps est un composé chimique défini ou un assemblage défini de composés chimiques définis. Or n’est-ce pas précisément le cas des objets que l’on appelle en histoire naturelle êtres d’une même espèce ? Nous distinguons partout et toujours de la levure de bière à la propriété qu’a ce corps, 1° d’avoir une forme spécifique caractéristique, 2° de donner de la bière en réagissant avec du moût.

L’hétérogénéité évidente de la structure des plastides nous amène à y voir, non pas des composés définis, mais des assemblages définis de composés définis et cette notion nous conduit immédiatement à celle des différences individuelles qui existent entre les corps d’une même espèce. Voici deux œufs de poule qui nous semblent identiques ; le réactif très sensible qu’est notre organe du goût ne nous permet pas de reconnaître entre leurs substances respectives des dif-