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mathématiquement quel sera l’état réalisé un instant après ; dans cet exemple nous sommes sûrs que seules des forces physiques et chimiques interviennent ; mais dans l’étude d’un plastide à l’état de vie élémentaire manifestée, nous trouvons une simplification considérable des choses et non une complication plus grande.

Pour nous en tenir à notre comparaison de tout à l’heure, imaginons un tourbillon se produisant sans cesse dans des conditions constantes ; il sera toujours identique à lui-même et nous pourrons, malgré son état d’activité continuelle, malgré le renouvellement continuel de la substance qui le constitue, le décrire, le définir complètement. Il y aura là en quelque sorte un état statique résultant d’un état dynamique dont les conditions ne changent pas ; ce sera l’équilibre mobile par lequel M. Van Tieghem définit les protoplasmas à l’état de vie élémentaire manifestée. Or, c’est précisément au nom de cet équilibre mobile que l’on refuse aux protoplasmas vivants la qualité de composés chimiques. Voici par exemple ce que dit M. Ed. Perrier dans son récent Traité de zoologie, au paragraphe intitulé : Les protoplasmes vivants ne sont pas des composés chimiques. « On ne saurait attribuer cette même qualité de composés chimiques aux protoplasmas vivants. Effectivement, si au moment où les saisit l’analyse chimique, elle leur trouve une constitution analogue à celle d’un mélange de substances albuminoïdes, cet état fixe ne se manifeste qu’à l’instant où cesse la vie, à l’instant où les protoplasmes cessent par conséquent de mériter leur nom pour tomber dans le domaine commun des composés chimiques. Jusque-là ils manifestent au contraire une incessante activité qui s’oppose à ce qu’on puisse leur assigner une composition chi-