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de penser que les définitions de Regnault peuvent être trop restreintes, d’autant que les corps vivants, en dehors de la condition spéciale de la vie élémentaire manifestée, se comportent exactement comme les corps de la chimie ordinaire ? Toute difficulté disparaît si l’on définit la chimie : la science des propriétés inhérentes à une structure moléculaire déterminée. Cela change le langage, mais ne peut amener aucune confusion. Ainsi, dans les traités de chimie, on décrit les propriétés physiques des composés ; la densité d’un composé est une propriété physique ; or il est évident que la densité est inhérente à la structure moléculaire du corps ; c’est donc une propriété chimique, mais une propriété qui se manifeste sous l’influence d’un agent physique, la pesanteur. L’expression propriété physique serait impropre sans ce surcroît d’explication. Quoi que l’on pense de cette définition de la chimie, il sera toujours facile de dire, à l’intention de ceux qui refusent, pour les raisons précitées, d’accorder que la vie élémentaire est une propriété chimique et l’assimilation une réaction chimique : « La vie élémentaire est une propriété inhérente à la structure moléculaire des substances qui constituent le plastide ; l’assimilation est une réaction qui met en évidence telle particularité de la structure moléculaire des substances qui constituent le plastide. » Alors l’objection tombe d’elle-même ; ce n’est donc qu’une objection basée sur des mots et nous continuerons désormais à employer le mot biochimie pour désigner la science des propriétés et des phénomènes des plastides vivants.