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tant que composé chimique défini, par cela même qu’il réagit. Autrement dit, si vous écrivez l’équation numérique de la réaction, en plaçant seulement dans le premier membre, exactement les nombres de molécules qui ont effectivement réagi, vous ne trouverez dans le second membre aucune molécule de même nom que dans le premier. Ceci étant très général, vous pourrez être tenté d’en tirer une loi qui caractérise les phénomènes chimiques et vous serez amenés ainsi à exclure de la chimie, toute réaction qui ne manifestera pas ce caractère de destruction. Mais je vous fais immédiatement remarquer que cette généralisation est dangereuse et regrettable. Supposez, par exemple, qu’en étudiant la chaleur de formation des corps, on s’en soit tenu par hasard aux corps, de beaucoup les plus nombreux, les plus stables, dans tous les cas, qui se forment eu dégageant de la chaleur. Cette hypothèse n’a rien que de très vraisemblable. Vous auriez pu donner comme loi générale, que tous les corps qui appartiennent à la chimie se forment en dégageant de la chaleur et vous auriez ainsi exclu d’avance, du domaine de cette science, tous les composés explosifs. Or, dans l’état actuel de nos connaissances, ne sommes nous pas en mesure de déclarer que cela eût été parfaitement absurde ? Il est bon d’être très circonspect dans les généralisations de cette nature et nous n’avons pas le droit d’affirmer que nous ne trouverons pas, dans la suite, des propriétés chimiques d’ordre nouveau, ne se manifestant pas par des réactions destructives comme celles qui sont connues jusqu’à ce jour. Qu’est-ce en effet qu’une propriété chimique ? La seule définition vraiment complète qu’on puisse donner est la suivante : c’est une propriété inhérente à une structure