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aux explications de tous les faits connus dans le règne inorganique, l’autre spéciale au règne organique et en contradiction avec le déterminisme qui régit les corps bruts. Ils choisissent l’une ou l’autre pour des raisons de sentiment.

Dans tous les cas, pour ceux que leur genre d’esprit pousse à être plus satisfaits d’une explication moniste, il est bon de montrer que, dès à présent, la théorie biochimique donne des explications au moins aussi complètes de tous les phénomènes vitaux que la théorie vitaliste. En leur montrant en outre que la théorie biochimique permet de prévoir des phénomènes nouveaux que la théorie vitaliste ne laissait pas soupçonner, on fera peut-être pencher la balance en faveur de la première. Commençons par signaler les objections immédiates que soulève la théorie biochimique.

La théorie atomique a conduit à rapporter les propriétés des corps à la structure de leurs molécules ; on a donné aux composés définis des noms qui rappellent d’une manière précise la structure de ces molécules formées d’atomes simples appartenant à un nombre limité d’espèces. Ainsi, pour tout individu au courant des nouvelles notations, le nom seul d’un corps donné permet de connaître toutes ses propriétés chimiques et de prévoir la manière dont ce corps réagira, dans des conditions connues, en présence d’un autre corps également connu. Réciproquement, la manière dont se comporte un corps donné dans des conditions données permet, sans erreur possible, de trouver le nom de ce corps pourvu qu’il appartienne à la catégorie, chaque jour plus nombreuse, des composés complètement étudiés par les chimistes. Mais, dira t-on, il reste des milliers et des milliers de corps