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tion, son étude présente un intérêt très spécial. L’enfant doit apprendre en imitant ce qu’il voit ou ce qu’il entend ; les insectes n’ont plus besoin d’éducation, au moins dans quelques espèces, et d’ailleurs ils en seraient bien empêchés, car beaucoup ne connaissent jamais leurs parents ; pondus à l’automne par des parents qui meurent avant l’hiver, ils naissent au printemps doués d’instincts extraordinaires. Celui des Sphex est le plus incroyable ; ils savent paralyser des orthoptères en piquant leurs ganglions cervicaux, afin que ces orthoptères conservés vivants mais immobiles résistent à la putréfaction jusqu’à l’éclosion des œufs de Sphex qui sont déposés dedans ; ils savent le faire sans que leurs parents le leur aient appris, et ils assurent ainsi le sort d’une progéniture qu’ils ne connaîtront pas, puisqu’ils mourront plusieurs mois avant son éclosion ; mais cet instinct fixé résulte d’une imitation volontaire ancestrale ; la transmission héréditaire d’instincts aussi compliqués est une preuve de ce que je disais plus haut à propos du mimétisme, que les insectes semblent arrivés au terme de leur évolution. Elle est aussi, il me semble, une preuve indéniable de l’hérédité des caractères acquis, c’est-à-dire du deuxième principe de Lamarck.