Page:Le Dantec - Lamarckiens et Darwiniens.djvu/140

Cette page a été validée par deux contributeurs.

rendre compte d’abord de la nature même de la coloration des animaux ; cette coloration peut être due à des causes variées. Certaines substances organiques ont une couleur propre ; tels sont, par exemple, les muscles de l’homme et du bœuf, qui sont rouges. Des irisations souvent très brillantes peuvent résulter de phénomènes optiques, comparables à ceux d’où résulte la production des anneaux colorés. Les expériences de Pouchet et de Cope ont porté sur des organes colorants d’une nature tout autre : « Les éléments anatomiques, dit Pouchet, empruntent souvent leur couleur à des matières colorantes, solides ou dissoutes, distinctes de la substance de l’élément lui-même et qu’on peut extraire par l’analyse immédiate. Ces substances colorantes méritent seules le nom de pigments, Elles sont de nuances diverses ; elles sont tantôt à l’état granuleux, tantôt à l’état de dissolution réciproque dans la substance vivante… Les pigments sont très répandus dans les éléments anatomiques doués de mouvements sarcodiques et qui peuvent en conséquence présenter des changements de forme très accusés sous certaines influences telles que l’électricité, la lumière, etc. Nous leur donnons le nom de chromoblastes. Ils s’étalent en nappes, ou se resserrent en masses arrondies. Ces changements ne modifient pas la quantité de matière colorante contenue dans l’élément et par suite dans le tissu, mais ils modifient beaucoup l’impression rétinienne que nous en recevons. Dans le premier cas, la nappe étalée, masquant les couleurs plus profondes, impressionne seule la rétine. Dans le second, l’élément resserré en sphère ne mesurant pas plus de 15 à 20 millièmes de millimètre fait sur notre rétine une image plus petite que