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Certains crabes se laissent recouvrir par les spongiaires, les hydraires ou les algues et, à l’abri de ce rideau, peuvent s’approcher inaperçus de leur proie. Quelques-uns d’entre eux plantent eux-mêmes, sur leur dos, des algues en harmonie avec celles au milieu desquelles ils vivent, et, si on vient à les transporter au milieu d’algues d’une autre couleur, ils se débarrassent de celles qu’ils portent et en plantent de nouvelles. Il y a là quelque chose d’analogue à ce que nous faisons aujourd’hui pour nos troupes coloniales ; le casque blanc nécessaire pour abriter les soldats contre les insolations était trop voyant ; on lui a donné une teinte fauve ou grise ainsi qu’au reste de leur vêtement, ce qui les empêche d’être vus d’aussi loin et leur permet d’approcher plus facilement l’ennemi.

Bien plus, un grand nombre d’animaux ont la faculté de modifier la couleur même de leur peau de manière à imiter la teinte du milieu sur lequel ils vivent. Le cas du caméléon est depuis longtemps célèbre, et ce cas est loin d’être isolé. Des expériences fort précises ont même été faites chez la rainette et chez certains poissons habitant le fond sableux de la mer. Pouchet et Cope ont étudié le mécanisme de cette adaptation homochromique momentanée et le rôle du système nerveux général ainsi que des organes visuels dans cette adaptation.

Pour bien comprendre ces expériences, il faut se