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même couleur ; le mécanisme de cette réversibilité est peut-être compliqué, peut-être exceptionnel ; elle constitue néanmoins un cas de mimétisme dans lequel il n’y a à invoquer ni le hasard ni la sélection naturelle, mais l’action directe du milieu sur l’organisme ; c’est, en d’autres termes, un cas de mimétisme lamarckien.

Revenons maintenant sur le cas, étudié précédemment avec l’explication purement darwinienne, de la genèse de l’albinisme chez les animaux. Wallace affirme que « la variété blanche des rats et des souris ne dépend nullement d’une altération du climat, de la nourriture ou d’autres conditions externes ». On se souvient qu’il explique la rareté du type blanc à l’état sauvage par le danger que courent les individus de cette couleur dans les régions tempérées, exposés qu’ils sont par leur couleur même aux attaques de leurs ennemis. Il y a une autre raison à ce fait (toujours dans l’explication purement darwinienne) : c’est que les individus blancs sont en général doués d’une vitalité moindre ; la diminution du pigment coïncide avec une diminution de la résistance individuelle et vice versa. Tous les éleveurs, et surtout ceux d’oiseaux de basse-cour, sont d’accord pour reconnaître que l’élevage des sujets blancs est plus aléatoire que celui des individus pigmentés. Ces derniers sont plus robustes et supportent mieux les intempéries ; ils ont donc plus de chance de réussir à l’état sauvage que les individus blancs affaiblis. Nous avons déjà vu que les cochons noirs résistent mieux que les blancs à une certaine intoxication.

Mais toutes ces considérations, si favorables à l’interprétation purement darwinienne, mettent aussi en