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groupes différents arrivent à se ressembler, par une adaptation commune à des conditions d’existence semblables[1], en dehors de toute influence atavique, bien que cette influence, dans un grand nombre de cas, puisse faciliter les variations corrélatives.

« Un grand nombre de classifications dites paralléliques ne reposent que sur des faits de mimétisme indirect et nullement sur des homologies véritables et phylogéniques ; les Lamellaria, les Pleurobranches, les Limaces, sont trois termes correspondants chez les Prosobranches, les Opisthobranches et les Pulmonés ; mais les ressemblances que présentent ces animaux sont tout à fait indirectes ; c’est ce que Strickland et Woodward appellent des ressemblances imitatives, ce que j’appellerai plus volontiers des ressemblances professionnelles [2]. »

Je ne parle pas ici des cas où le mimétisme est immédiatement soumis à l’influence de la volonté comme chez les poulpes, les poissons pleuronectes, etc., que j’étudierai à propos de l’interprétation lamarckienne des faits d’imitation ; mais sans paraître[3] directement soumis à l’influence de la volonté, le mimétisme peut être temporaire comme chez ces Lamellaria de

  1. Ceci rentre dans les cas de convergence des caractères que nous avons étudiés plus haut ; il y a tellement de passages entre les cas de convergence reconnue et ceux de mimétisme direct que l’on est tenté de rapporter les seconds à la même cause que les premiers : nous aurons à discuter ces faits ultérieurement.
  2. Giard, op. cit. Le mimétisme professionnel de Giard entre dans la ressemblance acquise par cinétogénèse à laquelle j’ai déjà fait allusion plus haut ; j’aurai à revenir là-dessus pour l’interprétation lamarckienne des faits d’imitation.
  3. Distinction faite par Giard, dans le mémoire précédemment cité.