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genre Volucella ; ces mouches entrent dans les nids des abeilles pour y déposer leurs œufs, afin que leurs larves se nourrissent de celles des abeilles et chacune des espèces de mouches est remarquablement semblable à l’espèce d’hyménoptère chez laquelle elle vit en parasite. Les naturalistes que je viens de citer, pensèrent que cette ressemblance avait pour but exprès de protéger les mouches contre les attaques des abeilles.

Wallace a rassemblé un très grand nombre de cas de mimétisme et a remarqué que les ressemblances « sont souvent portées à un point de minutie tel qu’il semble impliquer l’intention de tromper l’observateur[1] ».

En effet, étant donnée la différence des propriétés inhérentes à des espèces différentes, il doit être avantageux dans la plupart des cas, pour un animal donné, d’être pris pour un animal d’une autre espèce. Un papillon comestible sera incontestablement protégé par une ressemblance considérable avec un autre papillon dont le goût et l’odeur sont insupportables aux oiseaux ; un animal qui doit capter des proies vivantes pour sa nourriture, aura intérêt à tromper ces proies par une ressemblance frappante avec un herbivore inoffensif, etc. Il est donc bien évident que ce facteur utile à l’espèce pourra être conservé et même, pourvu qu’il existe une fois, développé par la sélection naturelle.

Wallace a posé les règles générales suivantes du mimétisme protecteur dans la série animale :

1re Loi. — Dans une majorité accablante de cas de mimétisme, les animaux ou les groupes qui se res-

  1. Wallace, op. cit., p. 75.