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expliquer l’existence du merveilleux Kallima paralecta. Ce papillon remarquable est revêtu en dessus de couleurs brillantes, tandis que, au repos, les ailes relevées simulent exactement une feuille desséchée, attachée à l’arbre où est posé le papillon, avec ses nervures médianes et latérales, avec les sphéries qui forment des taches sur le limbe de la feuille, avec les cicatrices mêmes que font les insectes herbivores quand, ne laissant que l’épiderme, ils dessinent sur la feuille de petites plages translucides. Ces dernières sont simulées par des taches nacrées correspondant à celles qui ornent le dessus de l’aile du papillon.

Cet exemple nous conduit aux cas que Wallace considère comme du mimétisme (mimicry) proprement dit, mais ne trouvez-vous pas déjà qu’il est bien difficile d’admettre que le hasard seul a produit successivement toutes ces ressemblances extraordinaires entre des êtres aussi dissemblables qu’un papillon et une feuille, ressemblances qu’aurait accumulées dans la suite des générations la sélection naturelle, facteur passif incapable de produire par lui-même aucun caractère nouveau ?

Mimétisme proprement dit de Wallace. — On connaissait depuis longtemps un grand nombre de cas de ressemblance bizarre existant entre des insectes qui appartiennent à des genres, des familles où même des ordres différents et entre lesquels n’existait par conséquent aucune affinité réelle ; on les considérait comme des exemples de « ces analogies curieuses, mais inexplicables, qu’on rencontre dans la nature ».

Kirby et Spence avaient cependant pensé à l’utilité de cette ressemblance dans le cas des mouches du