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perçue. Cette remarque suffit à renverser l’objection faite à Wallace que la sélection naturelle aurait, d’après son explication de l’homochromie, fait rapidement disparaître les animaux à couleurs très voyantes.

Ressemblance morphologique avec des feuilles ou des corps bruts. — Les différentes explications données pour les phénomènes d’homochromie sont encore valables pour ces cas de ressemblance morphologique dont quelques-uns sont certainement fortuits : « J’ai plus d’une fois pris, dit M. A. Sidgwick, la Cilix compressa, petit papillon de nuit blanc et gris, pour de la fiente d’oiseau tombée sur une feuille et vice versa[1]. » Il y a tant de formes d’animaux qu’il n’y a rien de bien étonnant à ce que l’une d’elles ressemble à un corps d’une morphologie aussi vague « qu’une fiente d’oiseau tombée sur une feuille », et il est certain d’autre part que cette ressemblance fortuite, étant incontestablement utile dans une certaine mesure, a des chances pour être conservée et accrue par la sélection naturelle.

Il en est de même pour cet insecte, le Ceroxylus laceratus, trouvé par Wallace à Bornéo et qui est recouvert d’excroissances foliacées d’un vert olive clair, ce qui lui donne l’apparence d’un bâton couvert d’une mousse parasite ; cet insecte appartient d’ailleurs à la famille des phasmidés, de l’ordre des orthoptères : « La plupart des Mantidés et des Locustidés des tropiques sont colorés et tachetés de façon à imiter la couleur des feuilles sur lesquelles ils se tiennent et, chez plusieurs, les nervures mêmes des ailes rappellent

  1. Wallace, op. cit., p. 61.