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vage ; un point qui, cependant, est discutable, c’est l’origine même de la variation colorée que fixe la sélection naturelle dans les divers cas : « La variété blanche des rats et des souris ne dépend nullement, affirme Wallace, d’une altération du climat, de la nourriture ou d’autres conditions externes[1]. » Voilà, à mon avis, une affirmation gratuite, peu indulgente pour Lamarck. Nous ne pouvons guère prétendre à la connaissance exacte de toutes les conditions externes et de leur influence sur les variations individuelles ; et d’ailleurs, Wallace oublie, sans y prendre garde, les phénomènes d’atavisme qui interviennent peut-être dans l’apparition brusque d’une variété comme la variété albinos. Que cette variété ait existé autrefois dans les ancêtres de nos lapins sauvages, à l’époque glaciaire par exemple, et les hasards du retour atavique permettront la réapparition d’un individu blanc, dans des conditions tout autres que celles qui avaient déterminé primitivement la genèse de cette coloration spéciale ; puis, cet individu blanc, livré à la lutte pour l’existence, prospérera ou ne prospérera pas suivant les conditions de la sélection naturelle dans son milieu. La question importante, que nous examinerons plus tard, est de savoir comment s’est formée, pour la première fois, la variété albinos ou toute autre variété, et il est peut-être risqué d’affirmer que l’apparition de cette variété n’a pas dépendu « d’une altération de climat, de la nourriture, ou d’autres conditions externes ».

Quoi qu’il en soit des causes mêmes de la variation chromatique, la sélection naturelle explique bien com-

  1. Wallace, op. cit., p. 48.