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à les cacher et à les préserver, le blanc étant très apparent doit leur être nuisible et concourir à rendre leur vie plus courte. Un lapin blanc est particulièrement exposé aux attaques du busard et de l’épervier ; une taupe ou une souris blanche n’échapperont pas longtemps au hibou qui les guette. De même, une déviation de l’état normal qui rendrait un animal carnivore plus apparent, le placerait dans une position désavantageuse en l’empêchant de poursuivre sa proie avec la même facilité que les autres, et, dans un cas de disette, cet inconvénient pourrait causer sa mort. En revanche, si l’animal s’étend d’un district tempéré dans une région arctique, les conditions seront changées. Durant une grande portion de l’année, et précisément celle où la lutte pour l’existence est le plus difficile, le blanc prédomine dans la nature et les couleurs sombres sont les plus visibles ; les variétés blanches auront donc l’avantage, s’assureront la nourriture et échapperont à leurs ennemis, tandis que les variétés brunes seront détruites par la faim ou dévorées ; la règle étant d’ailleurs que tout être produit son semblable[1], la race blanche s’établira et deviendra permanente, tandis que les races foncées, si elles reparaissent occasionnellement, s’éteindront bientôt. Dans tous les cas, les plus aptes survivront, et, avec le temps, il se produira une race adaptée aux conditions qui l’environnent[2]. »

Tout ce passage de Wallace est très logique ; il n’est pas douteux que la couleur blanche soit un danger pour les animaux comestibles qui vivent à l’état sau-

  1. Hérédité des caractères acquis. Voir Évolution individuelle, op. cit.
  2. Wallace, op. cit., p. 63.