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zones tempérées ou tropicales. Il n’existe pas en Europe un seul quadrupède ou oiseau terrestre blanc, excepté quelques rares espèces alpines pour lesquelles le blanc est une protection. Il ne paraît pas cependant qu’il y ait chez ces animaux, une tendance inhérente à leur nature qui les éloigne du blanc, car, dès qu’ils sont réduits en domesticité, des variétés blanches apparaissent et semblent prospérer comme les autres. Nous avons des souris et des rats blancs, des chats, des chevaux, des chiens, du bétail blancs, de la volaille blanche, des pigeons, des dindons, des canards, des lapins blancs.

« Parmi ces animaux, les uns sont domestiqués depuis très longtemps, d’autres seulement depuis quelques siècles ; mais presque toutes les fois qu’un animal est parfaitement domestiqué, des variétés blanches ou tachetées se développent et deviennent permanentes.

« On sait que les animaux sauvages produisent quelquefois des variétés blanches, mais on n’a jamais vu ces races devenir permanentes. Or, nous n’avons pas de statistique[1] pour démontrer que des parents de couleur normale produisent des petits blancs plus souvent à l’état domestique qu’à l’état sauvage et nous n’avons aucun droit de faire cette supposition tant que les faits s’expliquent sans elle ; mais il est évident que si la couleur des animaux sert réellement

  1. Pour les lapins cependant, dont on tue et dont on voit des millions tous les ans, combien y a-t-il d’exemples albinos parmi les sauvages ? En voit-on même ? Or, l’homme est certainement un des destructeurs les plus acharnés de l’espèce. La statistique dont parle Wallace peut donc être considérée dans ce cas comme démontrant une influence directe de la domesticité sur l’albinisme.