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déré sur tout le trajet de ces courants d’énergie. Il n’y a pas d’actes purement physiques chez un être vivant. Votre structure était différente un instant auparavant et ainsi de suite, en remontant d’instant en instant jusqu’à l’œuf d’où vous provenez ; il n’y a pas eu, dans toute l’histoire de votre vie, un seul acte, si insignifiant qu’il vous ait paru, qui n’ait laissé sa trace dans votre organisme et n’ait ainsi influé sur toutes vos destinées ultérieures. Vous êtes le résultat de ce qu’était l’œuf dont vous provenez (hérédité) et de tout ce que vous avez fait depuis sous l’influence de toutes les conditions de milieu que vous avez traversées (éducation au sens le plus large).

En résumé, deux causes déterminantes de l’activité d’un être à un moment précis donné : 1° l’état de l’être à ce moment précis (il dépend de toute son histoire passée) ; 2° l’état du milieu à ce moment précis, ou tout au moins de tout ce qui, dans le milieu, peut influencer l’organisme, soit directement, soit par l’intermédiaire des organes des sens.

Dans ce dédale inextricable, qu’est-ce qu’on appelle imitation ?

On dit qu’il y a imitation quand il y a ressemblance entre une des parties de l’acte exécuté par l’individu et une des conditions du milieu extérieur dont l’ensemble a déterminé l’activité de l’organisme au moment considéré. Évidemment, l’imitation ainsi définie va s’appliquer à des phénomènes n’ayant entre eux aucun rapport ; un être qui, entendant un son, reproduit un son de même hauteur, imite ce son ; cet exemple nous paraît très simple parce que nous avons un organe phonateur d’une puissance comparable à notre organe auditif. Il n’en est plus de même quand il s’agit des