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bruts et les lois qui régissent ces propriétés, c’est-à-dire la physique et la chimie.

Et voilà, par suite, un critérium immédiat de la valeur des explications que nous trouverons. Toutes les fois que nous aurons fait appel à des expressions qui ne sont pas du domaine de la physique et de la chimie, nos interprétations, quelque spécieuses qu’elles soient, n’auront aucune valeur ; elles équivaudront à la vertu dormitive du malade imaginaire.

Par exemple, Hæckel attribue comme qualité fondamentale à ses plastidules la mémoire. Eh bien, malgré l’autorité du grand nom de Hæckel, il est bien évident que toutes les déductions qui auront pour point de départ cette propriété empruntée à l’homme seront entachées du péché originel et n’auront que l’apparence d’une explication. Darwin lui-même, l’auteur immortel de l’origine des espèces par sélection naturelle, est tombé dans le même piège avec ses gemmules et a sacrifié inconsciemment au langage anthropomorphique.

Guidé par cette méthode rigoureuse, avec ce critérium si facile à appliquer, il nous sera facile de voir ce qu’il y a de commun aux êtres les plus simples, l’amibe, la gromie, la bactérie, le coccus. Ce quelque chose de commun, nous l’appellerons la vie élémentaire. J’ai démontré ailleurs[1] que cette vie élémentaire est une propriété chimique caractérisant toute une famille de substances albuminoïdes, les substances plastiques. Cette propriété chimique commune se manifeste naturellement par une réaction chimique commune dans des conditions données, l’assimilation ou vie élémen-

  1. Revue philos., 1893 et 1896, et Théorie nouvelle de la vie, Bibliot. sc. internationale