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savons distinguer les corps vivants des corps bruts. Par où devons-nous commencer notre étude ? Évidemment par le plus simple des deux objets à comparer, et vous admettrez sans doute que ce doit être l’amibe.

Étudions donc l’amibe, en oubliant qu’il y a des êtres aussi compliqués que l’homme ; essayons de découvrir toutes les propriétés de ce simple protozoaire et de les expliquer, si nous pouvons, par d’autres propriétés plus simples et bien connues.

Nul doute que, si nous considérons comme simples les propriétés de l’homme, il nous sera facile, au moyen de celles-là, d’expliquer toutes celles de l’amibe ; cela nous sera d’autant plus facile que les langues humaines sont faites pour raconter les actes humains et que nous aurons des mots très simples pour raconter a fortiori les opérations bien plus élémentaires de l’amibe.

Or, nous nous imaginons comprendre ce que nous savons raconter, et c’est là l’histoire de la vertu dormitive de l’opium aussi bien que de la vertu représentative ou déterminative des gemmules.

Notre but est de nous expliquer l’homme ; nous commençons par étudier l’amibe pour remonter ensuite l’échelle ascendante, il est donc bien certain que toute explication empruntée à l’homme entrera d’emblée dans la catégorie des vertus dormitives, des définitions qui emploient des termes impliquant l’idée de la chose à définir.

Au-dessous de l’être vivant le plus inférieur, il n’y a plus d’être vivant ; toute expression empruntée à l’étude d’êtres plus élevés en organisation est condamnable au point de vue où nous nous plaçons. Que reste-t-il donc ? Uniquement les propriétés des corps