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Cependant un grand calme entoure les vaisseaux.
La nuit est noire. Au loin, de nocturnes oiseaux
Font retentir les bois de leurs plaintes funèbres.
Un rapide canot glisse dans les ténèbres.
Les avirons légers dans l’eau plongent sans bruit.
Un chef des Indiens vaillamment le conduit.
En silence, bientôt, il accoste un navire.
Cinq sauvages guerriers dont le cœur ne respire
Que le meurtre secret, le carnage, le sang,
Montent sur le vaisseau, précédés par un Blanc.

― « Ici, dit ce dernier. Ils dorment dans leur cache. »
Et, tenant à la main la meurtrière hache,
Les cinq guerriers, muets, avancent, un par un.
Du clapotis des eaux le murmure importun
Fait passer par moment un frisson dans leur âme.
Sur le pont tout se tait. Leur regard plein de flamme
Cherche en l’obscurité les marins endormis.

― « Ici, reprend le guide, ici, guerriers amis. »
Puis, ouvrant une porte au fond de la cabine
Qu’une clarté douteuse, en tremblant, illumine,
Avec précaution il les fait avancer.
Les Indiens, alors, se prennent à penser