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Chacun s’en alla chez soi. M. Lepage resta avec sa protégée chez Asselin. Le pèlerin accompagna chez elle la jolie Noémie. Ils passèrent la soirée, l’un près de l’autre, causant de choses bien tendres, échangeant de doux regards, et mêlant d’adorables sourires. L’ex-élève retourna vers sa fidèle Emmélie. Picounoc, l’air repentant, revint s’asseoir près de sa mère malade. Pendant la nuit le maître d’école, portant des provisions dans un sac de toile, se rendit à la cave où dormait, sur une botte de paille fraîche, le chef des voleurs. Les deux vauriens eurent un long entretien que ne révéla point le caveau discret.

Quand le jour fut levé, M. Lepage fit ses préparatifs de départ. Les bateaux avaient fait la criée pour six heures du matin. Les habitants, dès cinq heures, passaient déjà, conduisant de lourdes charretées de grain. Cependant Geneviève, disparue depuis la veille, ne revenait point. Elle avait passé la nuit dehors, car ceux qui d’ordinaire lui donnaient asile, ne l’hébergèrent point cette nuit-là.

M. Lepage ne pouvait prolonger davantage sa promenade : beaucoup de grain javelé