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FÊTES ET CORVÉES

choisi pour le patron du pays et le protecteur de cette église naissante. »

Cependant, ce n’est qu’en 1638 qu’il est question pour la première fois d’honorer saint Joseph par des coups de canon et des feux d’artifice. Le père Lejeune dit en effet : « La feste du glorieux Patriarche Saint Joseph, Père, Patron et Protecteur de la Nouvelle-France, est l’une des grandes solennités de ce païs ; la veille de ce jour, qui nous est si cher, on arbora le drapeau, et fit-on jouer le canon. Monsieur le gouverneur fit faire des feux de réjouissances aussi pleins d’artifices que j’en aie guère vus en France. »

Cependant dix ans plus tard — en 1648 — le zèle diminue et le feu s’éteint.

« À la Saint-Joseph, on ne fit point de feu de joie, la veille comme de coutume, » écrit encore le père Lejeune. J’en fus une partie cause, comme ne goûtant guère cette cérémonie qui n’avait aucune dévotion qui l’accompagnait.

La Saint-Joseph est condamnée, ou du moins, comme une vierge qui entre en religion, elle se dépouille de toute parure, et renonce à toute pensée mondaine. Pendant quelques années encore elle a des retours plus ou moins