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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/80

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En même temps que Jésus s’emparait de la ville superbe et qu’ainsi commençait son règne universel, le judaïsme agonisait en Palestine ; les docteurs de Tibériade étaient impuissants à retenir auprès d’eux les jeunes Judéens, et « l’illustre, très glorieux, très respecté » patriarche n’avait plus que l’ombre d’une autorité. C’est en Babylonie que florissaient les écoles juives, c’est là qu’était le centre de la vie intellectuelle d’Israël, mais partout encore où le christianisme portait son influence, il avait à compter avec l’influence du judaïsme, et à la combattre, bien qu’à dater de la fin du troisième siècle elle ait peu d’importance, au moins d’une façon directe. A cette heure, en effet, les hérésies judaïsantes proprement dites s’éteignaient. Ces Nazaréens, ces chrétiens circoncis, attachés à la loi ancienne dont parlent saint Jérôme et saint Épiphane, n’étaient plus qu’une poignée de doux croyants réfugiés à Berée (Alep), à Kokabé dans la Batanée, et à Pella dans la Décapole. Ils parlaient le syro-chaldaïque, et, débris de la primitive église de Jérusalem, ils n’exerçaient plus aucune action, noyés qu’ils étaient au milieu des Églises de langue grecque.

Mais, si l’Ebionisme se mourait on judaïsait quand même ; les chrétiens fréquentaient les synagogues, ils célébraient les fêtes juives et les querelles au sujet de la Pâque n’étaient pas closes. Une grande partie des églises d’Orient s’obstinaient à la célébrer en même temps que les Juifs. Il fallut le concile de Nicée pour affranchir le christianisme de cette der-