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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/78

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du Mahométisme et les persécutions contre les Juifs. — L’Espagne et les lois wisigothiques. — Les Burgondes. — Les Francs et la législation romaine. — Le droit canonique, les conciles et le Judaïsme. — La situation des Juifs, leur attitude. — Le Catholicisme.


Pendant trois siècles, l’Église avait eu à lutter contre tous ceux qui liaient la grandeur de Rome au culte séculaire des Dieux. Toutefois, la résistance du pouvoir, celle des pontifes, celle des philosophes n’avaient pu arrêter sa marche ; les persécutions, les haines, les colères avaient accru sa puissance de propagande ; d’ailleurs elle avait su s’adresser à ceux dont l’esprit était trouble, dont la conscience vacillait et à qui elle apportait une idée et cette certitude morale qui leur manquait. De plus, à cette heure où, trop vaste, l’Empire romain craquait de toutes parts, alors que Rome ayant abdiqué tout pouvoir et toute autorité, recevait ses Césars de la main des légions, et que de tous les coins des provinces surgissaient des compétiteurs à la pourpre, l’Église catholique donnait à ce monde expirant une unité qu’il cherchait.

Mais, si elle lui donnait une unité intellectuelle, elle ruinait en même temps ses institutions, ses coutumes et ses mœurs. En effet, à Rome et dans l’Empire, les fonctions publiques étaient en même temps civiles et religieuses, le magistrat, le procurateur, le dux étaient aussi des prêtres, et nul acte public ne s’accomplissait sans rite ; le gouvernement était en quelque sorte théocratique, et il finit par se symbo-