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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/75

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Ces controverses qui se sont perpétuées pendant de longs siècles n’étaient pas toujours courtoises. A côté des légendes touchantes sur Jésus, s’étaient élaborées des légendes scandaleuses. Pour abaisser leurs ennemis, les Juifs avaient attaqué celui dont ils faisaient leur dieu, et à la déification de Jésus, ils opposaient les histoires du soldat Pantherus, de Marie répudiée, histoires dont s’emparaient les philosophes hostiles au christianisme, et qu’Origène, dans le Contre Celse, réfuta, répondant aux injures par des injures.

Il naissait au milieu de ces batailles, ce que j’appellerai un antijudaïsme théologique, antijudaïsme purement idéologique, et qui consistait à repousser comme mauvais, ou sans valeur, tout ce qui venait d’Israël. De ce sentiment, Tertullien, dans son De Adversus Judæos, nous porte témoignage. En cette œuvre, le fougueux Africain attaque la circoncision qui, dit-il, ne confère pas le salut, mais fut un simple signe pour qu’Israël soit marqué, lui qui va toujours à l’idolâtrie, quand viendra le Messie qui remplacera la circoncision charnelle par la circoncision spirituelle ; il combat le sabbat, sabbat temporel auquel il oppose le sabbat éternel.

Mais à cet antijudaïsme spécial, que nous retrouvons dans l’Octavius de Minucius Felix, dans le De Catholicæ Ecclesiæ unitate de Cyprien de Carthage, dans les Instructiones adversus gentium deos du poète Commodien, et dans les Divinæ Institutiones de Lactance, se mêlait le désir de convaincre les Juifs de