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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/70

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A cette œuvre se vouèrent les apologistes, les défenseurs du christianisme, et à leurs préoccupations apologétiques se mêlèrent de violentes inimitiés. Ainsi, la Lettre à Diognète, qui nous a été conservée dans les œuvres de saint Justin, et qui fut écrite pour réfuter les erreurs des adversaires des chrétiens, peut être considérée comme un des premiers écrits anti-juifs. L’auteur inconnu de cette courte épître, tout en combattant vivement les idées millénaires, appelle les rites juifs des superstitions. Ce ne sont pas les mêmes mobiles qui poussaient l’écrivain ignoré du Testament des XII Patriarches, car il voulait, et il le déclare, convertir les Juifs et les convaincre de l’excellence de la parole du Christ.

Le plus complet des apologistes de cette époque est assurément Justin le philosophe. Son Dialogue avec Tryphon peut rester comme le modèle de ce genre de polémique dialoguée, dont nous avons un autre exemple à la même époque dans l’Altercation de Jason et Papiscus, du grec Ariston de Pella, dialogue qui fut reproduit au cinquième siècle par Evagrius, dans son Altercation de Simon et Théophile. Justin, qui était de Samarie et connaissait bien les Judéens, met dans la bouche de Tryphon, qui n’est autre que le rabbin Tarphon qui lutta si vivement contre l’évangélisation apostolique, tous les reproches des exégètes juifs, et il tente de le persuader de l’accord de l’Ancien Testament et du Nouveau, essayant de concilier le monothéisme avec la théorie du Messie Verbe incarné. En même temps, répondant aux reproches