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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/67

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l’Église, et les Juifs eux-mêmes, sitôt que l’esprit paulinien eut triomphé sur Pierre.

Dès 182, après l’insurrection de Barkokeba, la séparation des Juifs et des chrétiens fut définitive. En 70, les judéo-chrétiens s’étaient montrés indifférents aux destinées de la nation juive ; sous Hadrien, ce fut pire. Tandis que cinq cent mille Juifs répondaient au Fils de l’Étoile et que les légions romaines reculaient devant lui ; tandis qu’il fallait le meilleur général de l’Empire pour combattre cette poignée de Judéens qui disputaient leur liberté à Rome, et que le dernier et faible espoir d’Israël périssait avec sa dernière citadelle, Bethar, et son dernier libérateur, Barkokeba ; tandis que d’épouvantables mesures de répression étaient prises contre les Juifs, qu’on leur interdisait l’exercice de leur culte, qu’on passait la charrue sur le sol où s’était dressée Jérusalem, dont le nom disparaissait ; pendant ce temps, les judéo-chrétiens dénonçaient aux gouverneurs de la province ceux des Juifs qui clandestinement pratiquaient leur rite ou se livraient à l’étude de la loi.

D’autre part, pour prévenir les trahisons possibles, Barkokeba et ses soldats avaient fait exécuter pas mal de judéo-chrétiens, et des mesures même avaient été prises pour distinguer les chrétiens des Juifs. Des deux parts l’animosité était donc vive, et le jour où, après 131, l’Église de Jérusalem fut devenue helléno-chrétienne, la rupture fut définitive : Juifs et chrétiens étaient pour des siècles ennemis.

D’un côté, les gentils, en entrant dans la chré-