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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/64

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fidèles, les gentils, ne pouvaient pratiquer la religion juive et rester grecs ou romains. En se délivrant des ébionites et des judéo-chrétiens, en rompant les liens qui le rattachaient à sa mère, le christianisme permit aux peuples de venir à lui et de rester eux-mêmes ; au lieu que Pierre et les judaïsants les eussent obligés, en adoptant les coutumes d’Israël, de perdre un peu de leur nationalité et d’accepter celle de leurs convertisseurs.

Aussi, de ce qui fut au début un rameau de l’Église orthodoxe, on voit naître dès la fin du premier siècle deux hérésies, l’Ébionisme et l’Elkasaïsme. Elles se formèrent tout naturellement, parce que la grande masse des judéo-chrétiens accepta les idées de Paul et s’agrégea aux pagano-chrétiens ; il ne resta qu’un petit groupe de judaïsants entêtés, et, eux qui avaient aux origines représenté strictement l’orthodoxie, ils devinrent, le jour où l’Église adopta une orientation nouvelle, des hérétiques. Néanmoins, leur esprit persista, et nous les retrouverons plus tard dans les Nazaréens et les Quartodécimans ; mais, dès lors, ils étaient les ennemis de la catholicité, et la catholicité se tourna vers eux, ou plutôt elle combattit le Judaïsme dans lequel ils puisaient leur force.

Elle eut même, pour s’assurer la suprématie, à combattre l’esprit juif sous ses deux formes. La première est celle que nous venons de signaler : c’est le positivisme judaïque, hostile à l’anthropomorphisme et à la divinisation des héros ; positivisme qui a, malgré tout, subsisté à travers les siècles, à tel