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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/49

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de Iahvé excluait toute autre adoration ; aussi refusaient-ils le serment aux aigles, l’aigle étant le numen de la légion, et par là ils choquaient les autres citoyens. Comme leur foi religieuse se confondait avec l’observance de certaines lois sociales, cette foi, par son adoption, devait entraîner un changement dans l’ordre social. Ainsi inquiétait-elle les Romains en s’établissant chez eux car les Juifs étaient très préoccupés de faire des prosélytes.

L’esprit prosélytique des Juifs est attesté par tous les historiens, et Philon a eu raison de dire : « Nos coutumes gagnent et convertissent à elles les barbares et les Hellènes, le continent et les îles, l’Orient et l’Occident, l’Europe et l’Asie, la terre entière d’un bout à l’autre. »

D’ailleurs, les peuples antiques, à leur déclin, étaient profondément séduits par le Judaïsme, par son dogme de l’unité divine, par sa morale ; beaucoup aussi d’entre les pauvres gens étaient attirés par les privilèges accordés aux Juifs. Ces prosélytes étaient divisés en deux grandes catégories ; les prosélytes de la justice, qui acceptaient même la circoncision et entraient ainsi dans la société juive, devenant étrangers à leur famille ; et les prosélytes de la porte, qui, sans se soumettre aux pratiques nécessaires pour entrer dans la communauté, se groupaient néanmoins autour d’elle.

Cet embauchage, qui se faisait par persuasion et parfois par violence, les Juifs riches convertissant leurs esclaves, devait provoquer une réaction. Ce fut