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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/45

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écrits, il recommande à ses coreligionnaires de ne point les irriter, pour ne pas provoquer d’émeutes, et d’attendre patiemment leur châtiment, qui arrivera le jour où l’Empire juif, celui du salut, sera établi sur le globe.

On n’écoutait pas les injonctions de Philon, et souvent l’exaspération de part et d’autre fut telle que de terribles séditions éclatèrent à Alexandrie, séditions marquées par le massacre des Juifs qui, d’ailleurs, se défendaient avec vigueur[1].

À Rome, les Juifs fondèrent une colonie puissante et riche, aux premières années de l’ère chrétienne. Ils étaient venus dans la cité vers 139 (avant J.-C.), sous le consulat de Popilius Lœnus et de Caius Calpurnius, s’il faut en croire Valère Maxime[2]. Ce qui est certain, c’est qu’en 160 avant J.-C. arriva à Rome une ambassade de Judas Macchabée, pour conclure avec la République un traité d’alliance contre les Syriens ; en 143 et en 139, autres ambassades[3]. Dès ce moment, des Juifs durent s’établir à Rome. Sous Pompée, ils vinrent en nombre, et en 58 leur agglomération était déjà considérable. Très turbulents, très redoutables, ils jouèrent un rôle politique

  1. Philon, In Flaccum.
  2. Valère Maxime, I, 3, 2.
  3. I. Machab VIII, 11, 17-32 ; XII, 1-3 ; XIV, 16-19, 24. — Josèphe, Antiquités judaïques, XII, 10 ; XIII, 5, 7, 9-Mai., Script. vet., t. III, 3e partie, p. 9 98.