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plus qu’il n’était permis à un rhéteur de l’être, bouffi de vanité, à tel point que Tibère l’avait appelé Cymbalum mundi. Ses hâbleries étaient célèbres : il affirmait, dit Pline, avoir évoqué Homère au moyen d’herbes magiques.

Appion répétait, dans son Traité contre les Juifs, les fables de Manéthon qu’avaient déjà redites Cheremon et Lysimaque ; il y ajoutait ce qu’avaient dit Posidonius et Apolionius Molon. Selon lui, Moïse n’était « qu’un séducteur et un enchanteur », et ses lois n’avaient « rien que de méchant et de dangereux[1] ». Quant au sabbat, les Juifs l’appelaient ainsi à cause d’une maladie, sorte d’ulcère, dont ils furent affligés dans le désert, maladie que les Égyptiens appelaient sabbatosim, c’est-à-dire douleur des aines.

Philon et Flavius Josèphe prirent la défense des Juifs et combattirent les sophistes et Appion. Dans le Contre Appion, Josèphe est très dur pour son adversaire : « Appion, dit-il, a une stupidité d’âne et une impudence de chien, qui est un des dieux de sa nation. » Quant à Philon, s’il parle d’Appion dans la Légation à Caius, c’est qu’Appion avait été envoyé à Rome pour combattre les Juifs devant Caligula, et, au reste, il préfère s’attaquer aux Sophistes en général. Dans son Traité de l’Agriculture, il fait d’eux un portrait fort noir et insinue que Moïse a comparé les Sophistes à des porcs. Malgré cela, dans ses autres

  1. Josèphe, Contre Appion, l. II, ch. VI.