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tisme, gênaient les Stoïciens ; il y avait lutte d’influence entre eux, et malgré la communauté de leur croyance à l’unité divine, ils étaient opposés les uns aux autres. Les Stoïciens accusaient les Juifs d’irréligion ; il est vrai de dire qu’ils connaissaient fort mal la religion juive, si nous nous en rapportons aux dires de Posidonius et d’Apollonius Molon. Les Juifs, disent-ils, refusent d’adorer les dieux ; ils ne consentent même pas à s’incliner devant la divinité impériale. Ils ont dans leur sanctuaire une tête d’âne et lui rendent des honneurs ; ils sont anthropophages : tous les ans ils engraissent un homme, ils le sacrifient dans un bois, se partagent sa chair, et, sur elle, font serment de haïr les étrangers. « Les Juifs, dit Apollonius Molon, sont ennemis de tous les peuples ; ils n’ont rien inventé d’utile et ils sont brutaux. » Et Posidonius ajoutait : « Ils sont les plus méchants de tous les hommes. »

Autant que les Stoïciens, les Sophistes détestaient les Juifs. Mais les causes de leur haine n’étaient plus religieuses ; elles étaient plutôt d’ordre littéraire, si je puis dire. Depuis Ptolémée Philadelphe jusqu’au milieu du troisième siècle, les Juifs alexandrins, dans le but de soutenir et de fortifier leur propagande, se livrèrent à un extraordinaire travail de falsification des textes propres à devenir un appui pour leur cause. Des vers d’Eschyle, de Sophocle, d’Euripide, de prétendus oracles d’Orphée conservés dans Aristobule et les Stromata de Clément d’Alexandrie, célébraient ainsi le seul Dieu et le sabbat. Des historiens étaient