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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/41

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somptuosité de leurs monuments et de leur synagogue en témoignait. Les Ptolémées leur donnèrent la charge de fermier des impôts ; ce fut une des causes de la haine du peuple contre eux. En outre, ils avaient obtenu le monopole de la navigation sur le Nil, l’entreprise des blés et l’approvisionnement d’Alexandrie, et ils étendaient leur trafic à toutes les provinces du littoral méditerranéen. Ils acquirent ainsi de grandes richesses ; dès lors apparut l’Invidia auri Judaïci, et la colère contre ces étranges accapareurs, formant une nation dans la nation, grandit. Des mouvements populaires s’ensuivirent ; souvent on assaillit les Juifs, et Germanicus, entre autres, eut de la peine à les défendre.

Les Égyptiens se vengeaient d’eux par des railleries cruelles, sur leurs coutumes religieuses, sur leur horreur du porc. Ils promenèrent une fois dans la ville un fou, Carabas, orné d’un diadème de papyrus vêtu d’une robe royale, et le saluèrent du nom de roi des Juifs.

Dès les premiers Ptolémées, sous Philadelphe, le grand-prêtre du temple d’Héliopolis, Manéthon, donna un corps aux haines populaires ; il tenait les Juifs pour les descendants des Hyksos usurpateurs, et disait qu’ils furent chassés, tribu de lépreux, pour leurs sacrilèges et leur impiété. Chérémon et Lisymaque répétèrent ces fables.

Mais les Juifs ne furent pas seulement en butte à l’animosité populaire ; ils eurent contre eux les Stoïciens et les Sophistes. Les Juifs, par leur prosély-