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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/397

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quitté la synagogue, fait encore partie de la franc-maçonnerie juive[1], de la coterie juive, si l’on veut.

Constitués en un corps solidaire, les Juifs se font place plus facilement dans la société actuelle, relâchée et désunie. Les millions de chrétiens par lesquels ils sont entourés pratiqueraient l’appui mutuel au lieu de la lutte égoïste, que l’influence du Juif serait immédiatement anéantie, mais ils ne la pratiquent pas et le Juif doit, sinon dominer, c’est le terme des antisémites, avoir le maximum des avantages sociaux, et exercer cette sorte de suprématie contre laquelle proteste l’antisémitisme, sans pouvoir, pour cela, l’abolir, car elle dépend non seulement de la classe bourgeoise juive, mais aussi de la classe bourgeoise chrétienne.

Lorsque le capitaliste chrétien se voit évincer ou supplanter par le capitaliste juif, il en résulte une animosité violente, et cette animosité se traduit par les griefs déjà énumérés ; toutefois, ces griefs ne sont pas le fondement réel de l’antisémitisme économique, fondement que je viens d’établir.

Si on a toujours présents à l’esprit cette idée de la solidarité juive et ce fait que les Juifs sont une minorité organisée, on en conclura que l’antisémitisme est en partie une lutte entre les riches, un combat entre les détenteurs du capital. C’est en effet le chrétien riche, le capitaliste, le commerçant, l’industriel, le financier qui sont lésés par les Juifs, et non les pro-

  1. Je ne parle pas là des associations maçonniques ; j’emploie franc-maçonnerie, dans le sens général qu’on attribue à ce mot.