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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/361

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On pourrait encore montrer ce que Boerne, ce que Lassalle, ce que Moses Hess et Robert Blum tinrent de leur origine hébraïque, de même pour Disraéli, et ainsi on aurait la preuve de la persistance chez les penseurs, de l’esprit juif, cet esprit juif que nous avons signalé déjà chez Montaigne et chez Spinoza. Mais si les écrivains, les savants, les poètes, les philosophes et les sociologues israélites, ont conservé cet esprit, en est-il de même de cette masse qui, actuellement, vient au socialisme ou à l’anarchie ? Ici, il faut distinguer. Ceux dont je parle, ces Juifs de Londres, des États-Unis d’Amérique, de Hollande, d’Allemagne, d’Australie, acceptent les doctrines révolutionnaires parce qu’ils sont des prolétaires, parce qu’ils appartiennent à la classe désormais en lutte avec le capital et, s’ils s’attachent à la révolution, ils le font en vertu des lois sociales qui les poussent. Ainsi, ils ne provoquent pas la révolution, ils y adhèrent, ils la suivent et ne la génèrent pas, et cependant ces groupements ouvriers, détachés de la foi ancienne, ayant abandonné toute religion, toute croyance même, n’étant plus Juifs au sens religieux du mot, sont Juifs au sens national. Ceux de Londres et des États-Unis qui ont abandonné leur pays d’origine, fuyant la Pologne et surtout la Russie où ils sont persécutés, se sont fédérés entre eux ; ils ont formé des groupes qui se font représenter aux congrès ouvriers sous le nom de « groupes de langue juive » ; ils parlent un jargon allemand mêlé d’hébreu et, non seulement ils le parlent, mais encore