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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/340

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viendra un jour, et ce jour-là on comprendra la parole du psalmiste : « J’ai vu le méchant dans toute sa puissance ; il s’étendait comme un arbre verdoyant. Il a passé et voici. Il n’est plus ; je le cherche et il ne se trouve plus » « , et ce sont » les pauvres, les justes qui posséderont la terre. »

Les pratiques étroites dans lesquelles les docteurs enserrèrent les Juifs endormirent leurs instincts de révolte. Sous les liens des lois talmudiques, ils sentirent chanceler en eux les idées qui toujours les avaient soutenus, et on peut dire qu’Israël ne put être vaincu que par lui-même. Le Talmud n’abaissa pourtant pas tous les Juifs ; parmi ceux qui le rejetèrent, il s’en trouva qui persistèrent dans cette croyance que la justice, la liberté et l’égalité devaient advenir en ce monde ; il y en eut beaucoup qui crurent que le peuple de Iahvé était chargé de travailler à cet avènement. C’est ce qui fait comprendre pourquoi les Juifs furent mêlés à tous les mouvements révolutionnaires, car ils prirent à toutes les révolutions une part active, comme nous le verrons en étudiant leur rôle dans les périodes de trouble et de changement[1].

  1. C’est une longue étude qu’il faudrait pour montrer le rôle des Juifs dans les révolutions. Cette étude, nous espérons l’entreprendre, et nous en réunissons dès maintenant les éléments ; elle fera partie d’un livre, dans lequel nous pensons reprendre tout ce chapitre ainsi qu’une partie du chapitre suivant ; nous y ferons une critique plus approfondie des idées que nous avons exprimées, et nous examinerons si les Juifs de tous temps, ou du moins parmi les Juifs de tous temps, quelques-uns n’ont point essayé de les réaliser.