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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/295

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ces Juifs, il existe aussi entre eux des particularités, une individualité et un type communs. Cependant, ces Juifs ont vécu dans des pays bien opposés, ils ont été soumis à des influences climatériques bien diverses, ils ont été entourés de peuples bien dissemblables ; qu’est-ce qui a pu les maintenir tels qu’ils se sont maintenus jusqu’à nos jours ? Pourquoi persistent-ils autrement que comme confession religieuse ? Cela provient de trois choses : une qui est dépendante des Juifs : leur religion ; la seconde, dont ils sont en partie responsables : leur condition sociale ; l’autre qui leur est extérieure : les conditions auxquelles ils ont été soumis.

Nulle religion autant que la religion juive ne fut plus pétrisseuse d’âme et d’esprit. Presque toutes les nations ont eu, à côté de leurs dogmes religieux, une philosophie, une morale, une littérature ; pour Israël la religion fut en même temps une éthique et une métaphysique, elle fut plus encore : elle fut une loi. Les Israélites n’eurent pas une symbolique indépendance de leur législation, non, il y eut pour eux — après le retour de la seconde captivité — Iahvé et sa loi, inséparables l’un de l’autre. Pour faire partie de la nation, il fallut accepter non seulement son dieu, mais encore toutes les prescriptions légales qui émanaient de lui et avaient un caractère de sainteté. Le Juif n’eût eu que Iahvé, il est probable qu’il se fût évanoui au milieu des différents peuples qui l’avaient reçu, comme s’évanouirent les Phéniciens qui ne portaient avec eux que Melqarth ; mais