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un évêque qui se convertit en 514, plus tard c’est le diacre Bodon[1] qui demande la circoncision et prend le nom d’Eliézer. Souvent les papes interviennent par des bulles, ainsi Clément IV en 1255 et Honorius IV en 1288 ; les rois eux-mêmes agissent, comme fit Philippe le Bel qui, en 1298, mandait aux justiciers du royaume, de « punir les Juifs qui amènent les chrétiens à leur religion par des présents ».

Dans l’Europe entière les Juifs attirèrent à eux des prosélytes, rajeunissant ainsi leur sang par l’adjonction d’un sang nouveau. Ils convertirent en Espagne, où les successifs conciles de Tolède défendent les mariages mixtes, en Suisse où un décret du quatorzième siècle condamne des jeunes filles à porter des chapeaux juifs pour avoir mis au monde des enfants de pères israélites ; en Pologne, au seizième siècle, malgré les édits de Sigismond Ier, au dire de l’historien Bielski[2]. Et non seulement, ils firent alliance en Europe avec les nations dites aryennes, mais encore avec les Ouro-Altaïques, avec les Touraniens ; là, l’infiltration fut plus considérable.

Sur le littoral de la mer Noire et de la Caspienne, les Juifs étaient établis fort anciennement. On conte qu’Artaxerxès Ochos, pendant la guerre qu’il fit à l’Égypte et au roi Tachos (361 av. J.-C.), arracha des Juifs de leur pays et les transporta en Hyrcanie, sur les bords de la Caspienne. Si leur établissement en cette région n’est pas aussi ancien que le prétend

  1. Amolon. Liber contra Judaeos. — Migne, P. L., CXVI.
  2. Bielski : Chronicon rerum Polonicarum.