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théorie historique : la doctrine de l’inégalité des races dont il nous faut parler tout d’abord.

Depuis le dix-huitième siècle, on a essayé de classer les hommes, et de les distribuer dans certaines catégories déterminées, distinctes et séparées. Pour cela, on s’est basé sur des indices bien différents : sur la section des cheveux, section ovale (chez les nègres à chevelure laineuse) ou section ronde[1] ; sur la forme du crâne, large ou allongé[2] ; enfin sur la couleur de la peau. Cette dernière classification a prévalu : désormais on distingue trois races humaines : la race noire, la race jaune et la race blanche. A ces races on attribue des aptitudes différentes et on les range par ordre de supériorité, la race noire au plus bas degré d’une échelle dont la race blanche occupe l’échelon supérieur. De même, pour expliquer mieux encore cette hiérarchie des races humaines, on repousse la doctrine religieuse du monogénisme, doctrine qui déclare que le genre humain descend d’un couple unique, et on lui oppose le polygénisme qui admet l’apparition simultanée de nombreux couples différents ; conception plus logique, plus rationnelle et plus conforme à la réalité.

Cette classification a-t-elle des bases sérieuses et réelles ? La croyance au monogénisme ou celle du polygénisme permettent-elles d’affirmer qu’il est des races élues et des races réprouvées ? En aucune

  1. Ulotriques et Leïotriques.
  2. Brachycéphales et Dolichocéphales.