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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/26

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qui affirmaient que « les dispositions légales, clairement énoncées dans la loi mosaïque, sont seules obligatoires, toutes les autres, émanant de traditions locales ou émises postérieurement, n’ont pas de titre à une observance rigoureuse[1] ». Sous l’influence grecque étaient nés les livres et les oracles qui préparèrent le Messie. Les Juifs hellénisants, Philon et Aristobule, le pseudo Phocylide et le pseudo Longin, les auteurs des oracles sybillins et des pseudo Orphiques, tous ces héritiers des prophètes qui en reprenaient l’œuvre, conduisaient les peuples au Christ. Et l’on peut dire que le véritable Mosaïsme, épuré et grandi par Isaïe, Jérémie et Ézéchiel, élargi, universellement encore par les judéo-hellénistes, aurait amené Israël au Christianisme, si l’Esraïsme, le Pharaïsme et le Talmudisme n’avaient été là pour retenir la masse des Juifs dans les liens des strictes observances et des pratiques rituelles étroites.

Pour garder le peuple de Dieu, pour le mettre à l’abri des influences mauvaises, les docteurs exaltèrent leur loi au-dessus de toutes choses. Ils déclarèrent que sa seule étude devait plaire à l’Israélite, et, comme la vie entière suffisait à peine à connaître et à approfondir toutes les subtilités et toute la casuistique de cette loi, ils interdirent de se livrer à l’étude des sciences profanes et des langues étrangères. « On n’estime pas parmi nous ceux qui apprennent plusieurs langues », disait déjà Josèphe[2] ; on

  1. Graetz, Histoire des Juifs, t. Il, p. 469.
  2. Ant. Jud., XX, 9.