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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/255

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Ces idées, reprises depuis par MM. de Treistchke[1] et Adolphe Wagner en Allemagne, par M. de Schoenerer en Autriche, par M. Pattaï en Hongrie, et, beaucoup plus tard, par M. Drumont en France[2] furent systématisées pour la première fois par W. Marr dans un pamphlet qui eut un certain retentissement, même en France : La victoire du Judaïsme sur le Germanisme[3]. Marr y déclarait que l’Allemagne était la proie d’une race conquérante, celle des Juifs, race possédant tout et voulant judaïser l’Allemagne, comme la France d’ailleurs, et il concluait en disant que la Germanie était perdue. Il mêlait même à son antisémitisme ethnologique un antisémitisme métaphysique, si je puis dire, que déjà Schopenhauer avait professé[4], antisémi-

  1. H. von Treitschke : Ein wort uber unser Judenthum. (Un mot sur notre Judaïsme), Berlin, 1888.
  2. M. Drumont est le type de l’antisémite assimilateur qui a fleuri ces dernières années en France, et qui a pullulé en Allemagne. Polémiste de talent, vigoureux journaliste, et satiriste plein de verve, M. Drumont est un historien mal documenté, un sociologue et surtout un philosophe médiocre, il ne peut sous aucun rapport être comparé à des hommes de la valeur de H. de Treitschke, d’Adolphe Wagner et d’Eugène Duhring. Il a cependant joué dans le développement de l’antisémitisme en France et même en Allemagne un rôle considérable, et il y a eu une grande influence de propagandiste.
  3. W. Marr : Der sieg das Judenthum uber das Germanthum, Berne, 1879. M Bourdeau consacre à cette brochure une étude dans le Journal des Débats du 5 novembre 1879.
  4. « Un Dieu comme ce Jéhovah, dit Schopenhauer, qui animi causa, pour son bon plaisir et de gaîté de cœur produit ce monde de misère et de lamentations et qui encore s’en félicite, voilà qui est trop. Considérons