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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/22

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ches, peu sociables et orgueilleux dont Spinoza, qui les connaissait, a pu dire : « Cela n’est point étonnant qu’après avoir été dispersés durant tant d’années, ils aient persisté sans gouvernement, puisqu’ils se sont séparés de toutes les autres nations, à tel point qu’ils ont tourné contre eux la haine de tous les peuples, non seulement à cause de leurs rites extérieurs, contraires aux rites des autres nations, mais encore par le signe de la circoncision[1]. »

Ainsi, disaient les docteurs, le but de l’homme sur la terre est la connaissance et la pratique de la Loi, et on ne la peut pleinement pratiquer qu’en se dérobant aux lois qui ne sont pas la véritable. Le Juif qui suivait ces préceptes s’isolait du reste des hommes ; il se retranchait derrière les haies qu’avaient élevées autour de la Torah Esdras et les premiers scribes[2], puis les Pharisiens et les Talmudistes héritiers d’Esdras, déformateurs du mosaïsme primitif et ennemis des prophètes. Il ne s’isola pas seulement en refusant de se soumettre aux coutumes qui établissaient des liens entre les habitants des contrées où il était établi, mais aussi en repoussant toute relation avec ces habitants eux-mêmes. À son insociabilité, le Juif ajouta l’exclusivisme.

Sans la Loi, sans Israël pour la pratiquer, le monde ne serait pas, Dieu le ferait rentrer dans le néant ; et le monde ne connaîtra le bonheur que lorsqu’il sera soumis à l’empire universel de cette loi, c’est-à-dire

  1. Spinoza, Tractact. theol., polit., ch. III.
  2. Les Dibre Sopherim.