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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/204

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rature et les mœurs judaïques ; parfois même, ils les jugèrent équitablement. Ainsi Wagenseil nia le meurtre rituel[1] ; Buxtorf, tout en disant que le Talmud contenait des « blasphèmes, des impostures et des absurdités », déclara qu’il s’y trouvait des choses utiles à l’historien et au philosophe[2]. Cependant, les mêmes idées qui avaient animé les écrivains des siècles précédents persistaient. On voulait toujours prouver la vérité de la foi et des dogmes chrétiens par l’Ancien Testament ; le souci de la conversion des Juifs hantait toujours les âmes, on parlait du rappel d’Israël, on proposait des moyens pour le ramener[3] ; des apostats invoquaient le Zohar et la Mischna en faveur de Jésus[4], et la littérature polémique florissait encore, avec Eisenmenger dont Le Judaïsme dévoilé[5] a inspiré bien des antisémites contemporains, avec Schudt[6], plus tard avec Voltaire. Il est vrai que l’antiju-

  1. Benachrichtigung Wegen einiger die Judenschaft angehend vicht Sachen. Altdorf, 1707.
  2. Dictionn. chaldéo-talmudico-rabbinique (Basilae, 1639) et Sinagogua Judaica. Hanau, 1604.
  3. Péan de la Croullardière : Méthode facile pour convaincre les hérétiques, (Paris 1667) dans lequel on trouve une « Méthode pour attaquer et convaincre les Juifs » ; Thomas Bell’ Haver : Dottrina facile e breve per riduire l’Hebreo al Conoscimento del vero Messia e Salvator del mondo, (Venetia, 1608).
  4. Conrad Otton : Gali Razia (Secrets dévoilés), (Nuremberg, 1605).
  5. Judaisme dévoilé. (Francfort, 1700).
  6. Compendiun Historicae Judaicae. (Francfort, 1700), et Judaeus christicida gravissime peccans et vapulans. (1760).