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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/183

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se bornaient pas à publier des apologies, ils prêchaient dans les églises aux Juifs que les décisions canoniques obligeaient d’assister aux sermons en auditeurs dociles. Ainsi Samuel Nachmias[1], baptisé sous le nom de Morosini, Joseph Tzarphati qui se fit appeler Monte après son baptême[2], le rabbin Weidnerus, qui persuada un grand nombre de Juifs de Prague de l’excellence de la Trinité. Certains même appelaient sur les Israélites qu’ils avaient délaissés les rigueurs des lois ecclésiastiques et civiles. Vers 1475, par exemple, Peter Schwartz et Hans Bayol, Juifs convertis, provoquèrent par leurs excitations la population de Ratisbonne à saccager le Ghetto ; en Espagne, Paul de Santa-Maria incita Henri III de Castille à prendre des mesures contre les Juifs. Ce Paul de Santa-Maria, autrefois connu sous le nom de Salomon Lévi de Burgos, n’était pas un personnage ordinaire. Rabbin très pieux, très savant, il abjura à quarante ans, après les massacres de 1391, et reçut le baptême ainsi que son frère et quatre de ses fils. Il étudia la théologie à Paris, fut ordonné prêtre, devint évêque de Carthagène et plus tard chancelier de Castille. Il publia un Examen de l’Écriture sainte, dialogue entre le mécréant Saül et le converti Paul, et donna une édition des Postilla de Nicolas de Lyra, édition augmentée de ses Additiones et de gloses. Il n’arrêta pas là son action. On le trouve comme instigateur dans toutes les persé-

  1. Via della Fede (Wolf : Bibl. Hebr., p. 1010).
  2. Traité de la Confusion des Juifs (Wolf : Bibl. Hebr., p. 1010).