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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/166

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traités comme ceux du peuple au milieu duquel ils habitaient ; ils n’avaient pu néanmoins se livrer qu’à leur habituel commerce, à leurs vices, à leur passion pour l’or. Dominés par les Talmudistes, ils ne surent rien produire sinon des commentateurs de Talmud. Ils furent des collecteurs d’impôts, des distillateurs d’alcool, des usuriers, des intendants seigneuriaux. Ils furent les alliés des nobles dans leur œuvre d’oppression abominable, et quand les cosaques de l’Ukraine et de la petite Russie, conduits par Chmielmicki, se soulevèrent contre la tyrannie polonaise, les Juifs, complices des Seigneurs, furent les premiers massacrés. En dix ans, dit-on, on en tua plus de cent mille, mais autant tua-t-on de catholiques et surtout de Jésuites.

Ailleurs, ils étaient fort prospères. Ainsi dans l’Empire ottoman ils étaient simplement soumis à la taxe des étrangers et ne subissaient aucune réglementation restrictive, mais nulle part leur prospérité n’était si grande qu’en Hollande et en Angleterre. Ils s’étaient établis dans les Pays-Bas en 1593, Marranes fuyant l’Inquisition espagnole, et de là ils avaient détaché une colonie à Hambourg puis, plus tard, sous Cromwell, en Angleterre, d’où depuis des siècles ils étaient chassés, et où Menassé-ben-Israël les ramena. Les Hollandais, comme les Anglais, gens pratiques et avisés, utilisèrent le génie commercial des Juifs et le firent servir à leur propre enrichissement. D’incontestables affinités existaient du reste entre l’esprit de ces nations et l’esprit juif, entre l’Israélite