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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/154

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le Talmud préluda aux disputes sur l’Eucharistie.

C’est à Cologne que s’ouvrit le combat ; Cologne, cité de l’Inquisition, capitale des dominicains. Un Juif converti, Joseph Pfefferkorn dénonça une fois encore le Talmud au monde chrétien et, soutenu par le grand inquisiteur Hochstraten, il obtint de l’empereur Maximilien un édit l’autorisant à examiner le contenu des livres juifs et à détruire ceux qui blasphémaient la Bible et la foi catholique. Les Juifs en appelèrent à Maximilien de cette décision, et ils réussirent à faire attribuer à l’archevêque électeur de Mayence les pouvoirs conférés d’abord à Pfefferkorn. L’archevêque prit pour conseillers des docteurs, des humanistes, et parmi ceux-là Reuchlin. Reuchlin n’avait pas pour les Juifs une sympathie immodérée, il les avait même attaqués à son heure mais s’il méprisait les Juifs en général, il n’en était pas moins un hébraïsant et, à ce titre, le Talmud l’intéressait plus sans doute que le tribunal inquisitorial et ses arrêts. Aussi, il combattit violemment les projets de Pfefferkorn et des dominicains et non seulement il déclara qu’il fallait conserver les livres des Israélites mais encore il soutint que l’on devrait créer dans les universités des chaires d’hébreu. On accusa Reuchlin de s’être laissé corrompre par l’or des Juifs. Il répondit par un pamphlet terrible, Le Miroir des yeux qui fut condamné au feu, et dès lors les Juifs, cause originelle du débat, furent oubliés, les humanistes et les dominicains restèrent seuls en présence et ces derniers, abattus définitivement par les Lettres