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Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/147

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Spinoza. — Mendelssohn, le Méassef et l’émancipation juive. — La philosophie humanitaire et les Juifs. — L’état social et les Juifs. — Les objections économiques et les objections politiques. — Maury et Clermont-Tonnerre ; Rewbel et Grégoire. — La Révolution. — L’entrée des Juifs dans la société.


Quand se leva l’aube du seizième siècle, quand le premier souffle de liberté passa sur le monde, les Juifs n’étaient plus qu’un peuple de captifs et d’esclaves. Enfermés dans les ghettos dont leurs mains imbéciles avaient contribué à épaissir les murailles, ils étaient retirés de la société des hommes et pour la plupart ils vivaient dans un état de lamentable et navrante abjection. Comme ils avaient eux-mêmes fermé toutes les portes, obstrué toutes les fenêtres par où ils auraient pu recevoir air et lumière, leur intellect s’était atrophié. Durant tout le Moyen-Age, sous l’influence des peuples ambiants, des législations spéciales et avilissantes, sous l’action déprimante et funeste des talmudistes, ils avaient acquis cette physionomie particulière, qu’ils ne perdirent que de nos jours et que beaucoup conservent encore en Pologne, en Roumanie. en Russie, en Hongrie, en Bohême et en quelques parties de l’Allemagne, physionomie que l’humilité coutumière avait rendue basse et obséquieuse, que les conditions d’existence avaient faite craintive et maladive, que l’enseignement exclusif des rabbins avait empreinte de cautèle et d’hypocrisie, mais que la souffrance avait affinée, illuminée parfois de tristesse passive et de résignation douloureuse. Le nombre de ceux qui avaient échappé