Page:Lazare - L’Antisémitisme, 1894.djvu/125

Cette page a été validée par deux contributeurs.


successeurs de Colomb, pour Cortez et pour Pizarre, la conquête de l’Amérique fut la conquête de l’or. Les Juifs subirent la fascination universelle, celle qu’avaient subie les Templiers, et elle leur fut particulièrement funeste, à cause de leur état d’esprit et de la condition civile qui leur était faite. Pour acquérir quelques maigres privilèges, ou plutôt pour persister, ils se firent les proxénètes de l’or, mais les chrétiens le recherchèrent avec autant d’avidité qu’eux. De plus, menacés perpétuellement par l’expulsion, toujours campés, astreints à être des nomades, les Juifs durent parer aux éventualités redoutables de l’exil. Ils eurent besoin de transformer leur avoir, de façon à le rendre facilement réalisable, de lui donner par conséquent une forme mobilière, aussi furent-ils les plus actifs à développer la valeur argent, à la considérer comme marchandise : d’où le prêt et, pour remédier aux confiscations périodiques et inévitables, l’usure.

La création des ghildes, des corps de métiers, et leur organisation au treizième siècle, contraignirent définitivement les Juifs à l’état où les avaient menés les conditions sociales, générales et spéciales, qu’ils subissaient. Toutes ces corporations furent des corporations religieuses pour ainsi dire, des confréries dans lesquelles n’entraient que ceux qui se prosternaient devant la bannière du Saint patron. Les cérémonies qui présidaient à l’entrée dans ces corps étant des cérémonies chrétiennes, les Juifs ne purent qu’en être exclus : ils le furent : une série